L’hépatite C est une maladie hépatique virale due au virus de l’hépatite C (VHC) dont l’évolution naturelle peut entraîner des hépatites aiguës comme des hépatites chroniques. La sévérité de l’hépatite C est variable et peut aller d’une forme asymptomatique pendant de nombreuses années à une maladie potentiellement grave. L’OMS estime qu’en 2019, environ 290 000 personnes dans le monde sont mortes d’une hépatite C, le plus souvent des suites d’une cirrhose ou d’un carcinome hépatocellulaire (1).
Pratiques ou évènements présentant un risque de transmission du vhc par voie sanguine (7)
PRÉVALENCE DE L’HÉPATITE C CHRONIQUE EN FRANCE (8)
0,29 %
5 500 nouveaux cas par an (3)
Usagers de drogue
La prévalence est élevée chez les patients ayant consommé des drogues par voie intraveineuse ou nasale au moins une fois dans leur vie (9,10) : c’est le principal réservoir de transmission du VHC (3). Au niveau mondial, environ 20 à 40 % des nouvelles infections par le VHC surviennent chez les usagers de drogues injectables. Et, près d’1 décès sur 3 dû au VHC, est imputable à l'usage de drogues injectables au cours de la vie (11).
Personnes détenues
Promiscuité et comportements à risque font des prisons des lieux à haut risque de transmission (12,13) . La prévalence de l’ARN du VHC est estimée à 4,8 % en prison, soit plus de 6 fois supérieure à celle de la population générale. Cependant, moins d’une personne détenue sur 2 a accès au traitement, du fait de l’insuffisance de dépistage (14).
Migrants
Les personnes provenant de pays à incidence VHC élevée ont un risque important d’être contaminées (15). On estime la méconnaissance du statut viral chez ces personnes entre 38 et 89 % des cas, selon leur origine géographique(3).
Co-infectés VIH/VHC
Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont à risque plus élevé (15) : ils représentent presque 10 % des nouvelles infections (3).
Transfusions avant 1992
Le risque de transmission du VHC était majeur chez les patients transfusés avant la mise en place du dépistage systématique des anticorps anti-VHC sur chaque don de sang en 1992 (3) .La prévalence de l’hépatite C chronique (ARN VHC positif) est plus élevée chez les personnes avec un antécédent de transfusion sanguine avant 1992 (1,12 %) que chez celles sans antécédent transfusionnel (0,24 %) (16).
Patients avec comorbidités psychiatriques
Les établissements psychiatriques représentent un foyer de prévalence du VHC souvent négligé. Environ 5 % des patients hospitalisés en psychiatrie seraient porteurs chroniques du virus, du fait notamment de la forte représentation des usagers actuels ou passés de drogues dans ces services (17).
Le nombre d’initiations de traitement par AAD a augmenté d’année en année pour atteindre un pic de 19 250 traitements en 2017 correspondant à l’accès universel au traitement indépendamment du score de fibrose (19). Pourtant à partir de 2018, ce nombre n’a cessé de décroître pour atteindre environ 6 000 traitements en 2021 avec un plateau aux alentours de 5 000 traitements depuis 2022 (19).
Environ 97 000 traitements AAD ont été initiés entre 2014 et 2021, loin d’atteindre la cible de 120 000 traitements fixée à fin 2022 (19)
Environ 79 000 patients atteints d’hépatite C restent encore à traiter en France (19)
Bien que la France ait fait des progrès importants dans la prise en charge du VHC, l’objectif d’élimination initialement visé pour 2025 n’a pas été atteint. Des acteurs de terrain et spécialistes soulignent la nécessité d’une impulsion politique renforcée (20). Car, même si la France est toujours considérée en bonne voie pour atteindre l’objectif d’élimination de l’OMS d’ici 2030, il est important de maintenir les efforts via le parcours de soin simplifié et le dépistage des populations à haut risque éloignés du système de soins (19,20).
Références :
FR-UNB-1118 - Décembre 2025